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retour page d'accueil les Echos  Le Bilan de l'année 1999

  Retour au sommaire Bilan 1999

CONSULTER  Les investisseurs prévoient une année plus heurtée
CONSULTER  La fin des vaches maigres à Tokyo
CONSULTER  Londres a lié son sort aux valeurs technologiques
CONSULTER  UN SIÈCLE DE MARCHÉS FINANCIERS
CONSULTER  Wall Street a connu un nouveau cru exceptionnel
CONSULTER  A Francfort, la hausse s'est accélérée en fin d'année
CONSULTER  Le millésime de tous les records à Paris
CONSULTER  Remarquable redressement des produits de base
CONSULTER  Sombre exercice pour le métal jaune
CONSULTER  Le retour de la croissance a favorisé la hausse des rendements à long terme
CONSULTER  L'euro a fait jeu égal avec le dollar
CONSULTER  Des surprises en série sur le marché des changes
CONSULTER  La concurrence force les places européennes à se remettre en cause



Les investisseurs prévoient une année plus heurtée

Une économie américaine florissante, la reprise asiatique et le dynamisme européen ont fait s'envoler les indices boursiers.

On ne peut prévoir les choses qu'après qu'elles sont arrivées. » Volontairement provocatrice à l'image de son auteur, cette citation du dramaturge Eugène Ionesco s'applique parfaitement à la perception qu'ont eue les opérateurs de l'avant-dernière année boursière de cette fin de millénaire. Il y a un an, échaudés par les fortes turbulences venues les deux années précédentes des marchés émergents, d'Asie en 1997 et de Russie en 1998, ils abordaient 1999 avec une prudence de chat. Tout au long de l'été et jusqu'au milieu du mois d'octobre, ils ont même vécu dans la peur d'une violente correction, redoutant que Wall Street, très largement surévaluée de l'avis de nombreux analystes, ne finisse par trébucher à la faveur de la commémoration du soixante-dixième anniversaire du krach de 1929.

L'insolente santé de l'économie américaine, une reprise vigoureuse en Asie où même le Japon montre quelques velléités d'amélioration et, surtout, le retour d'un cycle d'expansion que l'on dit exceptionnel en Europe ont pris à contre-pied tous ces pronostics pessimistes. Avec retard, les marchés ont progressivement pris conscience que les injections de liquidités opérées par les banques centrales à l'automne 1998 avaient permis d'éviter le pire et que la croissance mondiale pouvait désormais s'organiser sur un rythme soutenu et synchronisé. Pour ajouter à ce paysage déjà presque idyllique, les opérateurs ont été saisis par l'euphorie de la « nouvelle économie » qui a porté valeurs de haute technologie et titres de la communication à des sommets inviolés jusqu'ici.

Feu d'artifice de records

A la surprise quasi générale, l'année s'est ainsi terminée en apothéose sur un véritable feu d'artifice de records, à tel point que 1999 restera dans les annales boursières comme l'un des plus beaux millésimes du siècle. A quelques rares exceptions près, les indices boursiers des grandes places affichent tous des taux de progression spectaculaires que ne sont pas parvenues à entamer les tensions observées sur les taux longs dans la crainte d'une accélération de la hausse des prix inhérente à toute reprise de la conjoncture économique, comme le prédit le modèle classique.

C'est donc avec un état d'esprit à l'opposé de ce qu'il était il y a un an que les professionnels des marchés abordent l'an 2000. Tous les risques n'ont pas disparu. « La voie des réformes reste longue et semée d'embûches en Asie émergente et plus encore au Japon, l'économie américaine navigue plus que jamais entre danger de surchauffe et possible correction boursière, la zone euro cherche encore les moyens d'inscrire dans la durée la reprise à l'oeuvre », conviennent ainsi Roland Calvo et Roland Lescure, de CDC Asset Management. Et les premiers jours de l'année, avec leurs cascades de baisses, sont plutôt pour conforter les rares qui se risquaient à prédire un retournement de tendance à court terme sur les marchés d'actions. A cette réserve prés, même les plus prudents se sont convertis aux thèses du nouveau paradigme qui veut que l'économie mondiale soit entrée dans une ère de croissance forte sans résurgence réelle de l'inflation. Et prévoient un nouveau cru boursier de qualité pour clore en beauté le deuxième millénaire.

La France bien placée

Ce n'est pas tant du côté du marché américain que les gestionnaires devraient trouver cette année matière à performance. Aux niveaux actuels, la marge de progression de Wall Street apparaît forcément limitée. Les gains sont plutôt à rechercher du côté des places européennes qui, de l'avis des analystes, devraient continuer à être portées par le développement d'une croissance saine, accompagnée d'une poursuite de l'adaptation de l'appareil productif à l'euro. Au passage, le potentiel limité d'appréciation de la monnaie unique face au dynamisme de l'économie américaine constitue un facteur d'attrait supplémentaire pour les grands investisseurs internationaux que l'on a déjà vus débarquer massivement sur les places européennes tout au long de ces derniers mois.

Dans ce contexte, la France est particulièrement bien placée dans les stratégies d'investissement. A l'exemple de Patrick Artus et de Roland Gagnon de CDC Marchés ou de Marie Owens Thomsen de Merrill Lynch, de plus en plus d'économistes sont convaincus que les conditions sont désormais réunies pour que la France suive les traces des Etats-Unis.

Pour Jérôme Labin de la société de Bourse Pinatton, l'entrée de marché français dans la « nouvelle économie » permet ainsi d'envisager une hausse supérieure à 50 % par rapport aux derniers cours cotés avant « le passage de l'autre côté du miroir ». Aprés son début d'année bien décevant, l'indice CAC 40 pourrait atteindre la zone des 7.000 à 7.500 points dans un horizon de neuf à douze mois.



PHILIPPE GUILLAUME

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La fin des vaches maigres à Tokyo

Les entreprises du « vieux Japon » qui se restructure et celles incarnant le « nouveau Japon », qui profitent à plein des technologies de l'information, ont connu un excellent parcours.

DE NOTRE CORRESPONDANT À TOKYO.

La Bourse de Tokyo affiche une bonne performance après des années de vaches maigres. La dernière année du siècle aura été marquée par une hausse de 36,79 % à 18.934,34 points de l'indice Nikkei 225, et une progression de 58,44 % à 1.722,20 de l'indice officiel Topix, de composition plus large. Durant la première moitié de l'année, ce sont surtout les restructurations dans les secteurs traditionnels qui ont guidé les choix de investisseurs : celles de Sony, Mitsubishi Electric, NEC, etc. ont été à chaque fois saluées par la Bourse, qui y a vu le signe d'un réel changement de mentalité des dirigeants de ces grands groupes. Les valeurs cycliques ont donc fait mieux que le marché en moyenne jusqu'à la fin mai, avant que l'attention des investisseurs ne se tourne vers les entreprises incarnant la « nouvelle économie » à la japonaise, les nouvelles technologies et Internet. Dans ce contexte, la stratégie de Fujitsu, qui a décidé à la fois de se restructurer profondément et de miser sur les services informatiques et Internet, fut littéralement plébiscitée par le marché. La hausse a aussi permis de réconcilier les investisseurs particuliers avec la Bourse. L'ouverture de la distribution des fonds d'investissement y a aussi contribué. Enfin, la très forte appréciation du yen par rapport au dollar et à l'euro a permis aux investisseurs non résidents de bénéficier d'un rendement exceptionnel sur les actions japonaises. En 2000, les performances record de 1999 seront difficiles à égaler. Mais c'est encore au Japon et dans les pays émergents que la croissance des bénéfices par action devrait être la plus forte.



N. BA.

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Londres a lié son sort aux valeurs technologiques

Dopé par l'appétit pour la « nouvelle économie », l'indice Footsie des valeurs vedettes de la Bourse de Londres a progressé de 17,81 % en fin d'année et franchi les 6.900 points.

DE NOTRE CORRESPONDANT
À LONDRES

Le London Stock Exchange (LSE) a terminé l'année en beauté, l'indice Footsie des valeurs vedettes (FTSE 100) ayant franchi la barre des 6.930,20 points, à la veille de Noël. Un record absolu de clôture qui représente une hausse de 17,81 % sur l'ensemble de l'année. Confortée par la reprise plus rapide que prévu de la croissance britannique (+ 1,9 % en 1999), la Bourse de Londres a largement bénéficié de l'envolée des valeurs technologiques et des télécoms, le secteur du high-tech représentant, à lui seul, 20 % de la hausse de l'année, contre 10 % pour le secteur des médias.

Un motif de réconfort pour le London Stock Exchange, qui a lancé son propre segment de marché des valeurs technologiques, baptisé Techmark, le 4 novembre dernier, face au projet de création du Nasdaq Europe soutenu par Softbank, Murdoch et Vivendi. « L'appétit phénoménal pour les valeurs de la "nouvelle économie" (éditeurs de logiciels, industriels de l'informatique, opérateurs de télécoms et entreprises Internet) a été un des traits marquants de 1999 », estime Richard Crehan de Morgan Stanley Dean Witter, tout en soulignant que les télécoms et les valeurs pétrolières ont représenté plus de 50 % de la hausse de la capitalisation boursière de l'indice FTSE All Share, tous secteurs confondus. Selon une récente étude publiée par Primark Datastream, l'éditeur de logiciels comptables britannique Sage Group, qui a rejoint, en septembre 1999, l'indice FTSE100, a enregistré la plus forte performance de la dernière décennie, avec une hausse de 280 % de sa valeur boursière depuis 1990.

Valeurs Internet à l'anglaise

En revanche, les groupes de grande distribution, tels que Marks & Spencer, Sainsbury ou Boots sont les grands perdants de 1999.

L'année écoulée restera aussi celle de l'émergence des « valeurs Internet à l'anglaise » avec la vague d'introductions réussies de jeunes entreprises telles que Freeserve, QXL.Com, eXchange Holdings ou 365 Corporation..., qui bénéficient d'un réel engouement des investisseurs.



P. DE G.

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UN SIÈCLE DE MARCHÉS FINANCIERS

Suprématie.

A l'évidence, le siècle qui s'achève aura consacré la suprématie des marchés financiers. Ceux-ci ont pris au cours des dix dernières années une importance grandissante dans la vie économique. Avec la chute du mur de Berlin et la faillite des systèmes communistes, la loi de l'économie de marché s'est imposée à la quasi-totalité de la planète. Le modèle américain est devenu la référence, entraînant un mouvement général de privatisations qui a rendu au secteur privé la foultitude d'entreprises nationalisées par les économies dirigistes des années 20 jusqu'aux années 80. Désormais, les entreprises se financent plus par l'émission d'actions et d'obligations que par le recours à l'emprunt bancaire classique. Partout, les capitalisations boursières ont explosé. Et les indices se sont envolés. Les investisseurs en oublieraient presque que depuis quatre siècles les marchés sont périodiquement secoués par des crises, à l'exemple du krach d'octobre 1929, qui a pourtant marqué des générations entières de boursiers.

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Wall Street a connu un nouveau cru exceptionnel

Pour la cinquième année consécutive, le Dow Jones, l'indicateur vedette du New York Stock Exchange, termine l'année sur une croissance à deux chiffres.

DE NOTRE CORRESPONDANT
À NEW YORK

J'ai passé trop de temps cette année à m'inquiéter de ce qui pourrait mal tourner, alors qu'en fait tout s'est très bien passé... Je me sens aujourd'hui plus optimiste et haussier pour l'avenir, au-delà du problème de l'an 2000. » Les commentaires émis fin novembre par Edward Yardeni, le chef économiste de Deutsche Banc Alex Brown, ne sont pas passés inaperçus à Wall Street. Même s'il a tenu, par la suite, à modérer sa récente conversion en évoquant la persistance d'une bulle spéculative autour des valeurs de haute technologie, l'homme a longtemps été le chef de file des pessimistes sur la place de New York, un Cassandre qui annonçait depuis bientôt deux ans un krach boursier du fait de problèmes informatiques liés au changement de millénaire, ainsi que l'arrivée prochaine d'une récession aux Etats-Unis.

Il est toujours aussi difficile de se positionner à contre-courant des marchés américains qui, en 1999, ont connu leur cinquième année consécutive de croissance à deux chiffres.

Le taureau fait la loi

Symbole de la hausse, le taureau fait plus que jamais la loi à Wall Street. Après avoir longtemps tâtonné pour s'installer au-dessus des 10.000 points et connu quelques soubresauts cet été et à l'automne, au moment où la Réserve fédérale décidait d'une série de hausses des taux d'intérêt pour éviter tout réveil de l'inflation, l'indice Dow Jones des trente premières valeurs du New York Stock Exchange (Nyse) a terminé l'année dernière à 11497,12 points, en progression de 25,22 %. Sans même donner l'impression d'avoir été un temps saisi par le doute, l'indicateur composite du Nasdaq a fait exploser de son côté tous les plafonds. Offrant des introductions boursières vertigineuses pour nombre de firmes opérant dans le secteur de l'Internet, le marché des valeurs de croissance a terminé à 4069,31 points, soit un bond de 85,59 %, après avoir battu plus d'une cinquantaine de fois ses plus hauts dans l'année ! Le tout dans des volumes record.

Si certains professionnels s'attendent à une correction au début de l'année, voire à l'éclatement de la bulle financière qui entoure nombre de valeurs technologiques, en grande partie à l'origine de cette exubérance boursière, l'optimisme demeure pour l'exercice en cours. Il est nourri d'abord par la perspective d'une nouvelle hausse importante des bénéfices des entreprises américaines que Kevin Parke, le spécialiste des actions chez le gestionnaire de fonds MFS Investment Management, estime en moyenne à 17 %, soit au même niveau que 1999, la meilleure année dans ce domaine depuis 1988. L'environnement économique général, avec une inflation minime, des taux d'intérêt bas et l'amélioration continue de la situation mondiale devraient représenter un autre facteur de croissance. Pour les boursiers, trop longtemps obnubilés par les sociétés de haute technologie et les grandes capitalisations, l'intérêt devrait se tourner vers les valeurs opérant dans l'énergie et les matières premières, de même que vers les petites et moyennes entreprises.



GILLES SENGÈS

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A Francfort, la hausse s'est accélérée en fin d'année

Après les montagnes russes de 1998, 1999 a connu une hausse plus régulière, qui s'est accélérée au fil des mois, pour atteindre 39,10 % sur l'ensemble de l'année.

DE NOTRE CORRESPONDANT
À FRANCFORT.

Les habitués de la Bourse de Francfort se souviendront de la journée du 23 décembre 1999. Deux jours après avoir présenté un très ambitieux projet de réforme fiscale, le gouvernement Schroeder a précisé qu'il n'allait plus imposer les plus-values sur les ventes de participations dans les entreprises.

Aussitôt, les opérateurs se sont rués sur les titres des groupes d'assurances et des banques, susceptibles d'être les principaux bénéficiaires de la mesure. Le réassureur Munich Ré a enregistré une hausse de 17 %, la Deutsche Bank de 12,97 %, l'assureur Allianz de 12,62 %, la Dresdner Bank de 10,81 %. Un feu d'artifice qui venait conclure une année positive, où le marché allemand a battu de nouveaux records.

Après une année 1998 marquée par des montagnes russes, 1999 a été plus régulière, la hausse s'accélérant au fil des mois. Sur l'année, la hausse a atteint 39,10 % avec un indice Xetra Dax à 6.958,14 points, un record dépassant les prévisions les plus optimistes. « Une forte hausse d'autant plus surprenante que les taux longs ont augmenté de 100 points de base », souligne la WestLB, dans son analyse de décembre.

Vague d'introductions en Bourse

Selon les spécialistes, le marché allemand a bénéficié, comme ses concurrents européens, de l'amélioration de la situation de l'économie mondiale - même si la croissance de l'Allemagne est restée à la traîne de l'Europe -, de l'appréciation du dollar et du yen, ainsi que de la vague de fusions en cours sur le Vieux Continent. Comme ailleurs, les valeurs de haute technologie ont flambé, notamment avec l'OPA hostile du groupe américano-britannique Vodafone sur l'allemand Mannesmann, une première dans le capitalisme rhénan. Celui-ci évolue d'ailleurs rapidement. Le pays a enregistré en 1999 une explosion des introductions en Bourse, notamment sur le Neuer Markt, le nouveau marché allemand, qui a largement distancé ses homologues européens. Au total, 168 entreprises ont fait leur entrée sur le marché boursier (dont 131 sur le nouveau marché), pulvérisant le record de 1998 (70 introductions). Pour 2000, les spécialistes anticipent entre 150 et 200 introductions. Plus globalement, ils prévoient la poursuite de la hausse du marché francfortois, mais avec des à-coups.



VINCENT DE FÉLIGONDE

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Le millésime de tous les records à Paris

La Bourse de Paris a connu en 1999 une année exceptionnelle avec un gain de 51,12 %, des volumes de transactions record et une pléthore d'opérations de restructuration dans tous les secteurs.

L'année 1999 restera dans l'histoire comme celle de la démesure pour la Bourse de Paris. En effet, après avoir progressé de 29,5 % et 31,5 %, respectivement en 1997 et 1998, l'indice CAC 40 a bondi de 51,12 % en 1999, ratant de peu le seuil des 6.000 points. Un exercice tout à fait exceptionnel, car le gain de 57,4 % réalisé par l'indice en 1988 le fut aux lendemains de l'année noire de 1987. Une grande part de la hausse de l'indice phare du marché français en 1999 a été toutefois réalisée à partir de la mi-octobre, et a surtout profité à un nombre restreint de valeurs issues des secteurs appartenant dans une large proportion à ce qu'il est désormais convenu d'appeler la « nouvelle économie ».

Les secteurs de la haute technologie et de la communication ont ainsi été les grands vainqueurs de l'année. Des valeurs comme NRJ, TF1, Havas Advertising, STMicroelectronics ou Altran Technologie ont toutes vu leurs cours au moins multiplié par deux fois et demie par rapport au début de l'année. La « nouvelle économie » ne fait pas d'ostracisme, et l'on a ainsi pu assister à des envolées faramineuses sur de nombreuses petites valeurs du nouveau marché, pour lequel 1999 fut incontestablement l'année du décollage.

Volumes de transactions inédits

L'autre aspect majeur du changement de dimension de la cote française a résidé dans la poursuite de l'accroissement tendanciel de l'activité. Les volumes de transactions quotidiens à la Bourse de Paris n'étaient en moyenne que de 0,86 milliard d'euros en 1996. Ils ont ensuite grimpé à 1,44 milliard d'euros en 1997, puis à 2,07 milliards d'euros en 1998. L'an dernier, le montant moyen des transactions par séance s'est hissé à 2,83 milliards d'euros. Dans le même temps, la capitalisation boursière des valeurs composant l'indice CAC 40 a dépassé pour la première fois les 1.000 milliards d'euros juste avant Noël.

L'envolée des volumes de transactions, corollaire notamment de l'accroissement des liquidités disponibles partout en Europe et de la banalisation des programmes de rachats d'actions, a été de surcroît favorisée par la multiplication des opérations de restructuration qui ont attiré de nouveaux investisseurs. La Commission des opérations de Bourse (COB) a ainsi oeuvré comme jamais pour faire la lumière sur la multiplication de nombreux mouvements de cours anormaux avant l'annonce d'opérations financières. Le sentiment prédominant dans le marché que tout était désormais possible a pu faciliter la propagation des rumeurs les plus folles, dont certaines étaient d'ailleurs fondées.

En effet, on a assisté l'année passée à rien de moins qu'au rapprochement entre Carrefour et Promodès, Total Fina et Elf Aquitaine, ainsi que de la BNP avec Paribas, dans ce qui aurait pu être un grand ensemble bancaire aux côtés de la Société Générale. Ce mouvement de concentration, qui a aussi touché les petites et moyennes sociétés, devrait se poursuivre l'année prochaine pour le plus grand bonheur des opérateurs.



NESSIM AÏT-KACIMI

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Remarquable redressement des produits de base

L'année, qui avait mal démarré sur le front des matières premières, s'est révélée très positive pour les métaux non ferreux, dont les cours se sont envolés dans le sillage de ceux du pétrole.

Entraînés par l'envolée des cours du pétrole, ceux des métaux non ferreux ont connu un redressement remarquable au cours de l'année avec une mention particulière pour le nickel dont les prix se sont appréciés de 89 % en douze mois. Les cours du pétrole, qui ont plus que doublé pour retrouver en novembre leur niveau de janvier 1991, au moment de la guerre du Golfe, ont donc créé un climat favorable à cette hausse généralisée des matières premières industrielles, à l'exception des fibres.

Pourtant, l'année avait démarré sous de sombres auspices avec des cours déprimés et des stocks pléthoriques. Les producteurs avaient en effet mis en route entre fin 1996 et 1998 de nouvelles capacités de production pour répondre à la demande en expansion des pays asiatiques.

Mais ces décisions avaient été prises avant que la crise financière n'éclate dans les pays d'Asie du Sud-Est, puis s'étende à l'ensemble de la région ainsi qu'en Russie. Ce qui avait poussé les cours du pétrole à leur plus bas depuis douze ans et ceux du cuivre au plus bas depuis 1986. Au printemps dernier, les membres de l'Organisation des pays producteurs de pétrole décidèrent de prendre le sort de leurs économies en main en s'imposant des quotas de production. Une stratégie qui se révéla efficace. Le baril de brut, après être tombé à 10,35 dollars en mars, a entamé un redressement significatif qui l'a poussé jusqu'à 27 dollars à Londres en novembre. De plus, il apparaît que la récession économique en Asie fait désormais partie du passé et que la hausse de la demande en énergie comme en métaux est au rendez-vous. Le dynamisme de cette région s'est donc ajouté à la vigueur de l'économie américaine, bientôt relayée par celle de l'Europe. C'est ce qui explique que les cours du cuivre se sont appréciés de 40 % entre leur plus bas depuis douze ans au mois de mai dernier, à 60,8 cents la livre, et leur plus haut à la mi-décembre, à 85,85 cents la livre. De même, les cours de l'aluminium, qui étaient tombés à un plus bas le 4 mars à 1.136,50 dollars la tonne, terminent l'année à leur plus haut à 1.634 dollars la tonne, soit une hausse de 43 %.

Le nickel a vu ses cours progresser de 89 % pour tester en fin d'année le seuil de 8.400 dollars la tonne, et les analystes considèrent que sa marge d'appréciation n'est pas épuisée. Ils avaient pourtant tous prédit que 1999 serait une année difficile pour ce métal, compte tenu des développements de la production à partir de latérite, en Australie. Les espoirs n'ont pas été au rendez-vous alors que la demande d'acier Inox, premier utilisateur du nickel, explosait. Seul le plomb fait pâle figure avec une courbe des prix en chute continue. Le secteur ploie sous les excédents, le dynamisme du marché de l'automobile n'ayant pas suffi à insuffler une tendance positive à ce métal qui a vu son prix passer sous les 500 dollars au dernier trimestre.



PATRICIA-M. COLMANT

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Sombre exercice pour le métal jaune

Impact psychologique.

C'est sans doute l'effet psychologique des ventes d'or des banques centrales qui a été le plus néfaste au marché de l'or, l'an dernier. Car en volume, celles-ci ont totalisé 250 tonnes net, selon les estimations de la Société Générale, une quantité tout à fait absorbable par le marché, qui avait assimilé 622 tonnes en 1992 et 398 tonnes en 1998. Mais le marché a été profondément choqué que la Banque d'Angleterre décide de se délester des deux tiers de ses réserves, les opérateurs ayant la conviction, désormais fortement enracinée, que l'or ne présentait plus aucun attrait pour certaines autorités monétaires.
C'est ce qui explique une chute des cours à un plus bas depuis vingt ans, au début du mois de mai, dans le sillage de l'annonce des ventes britanniques. D'autant que cette décision surprise est venue s'ajouter à celle du Fonds monétaire international de mettre quelque 10 millions d'onces sur le marché pour aider les pays endettés, et à celle de la Suisse, qui projette de vendre 1.300 tonnes sur de nombreuses années. Parallèlement, la demande mondiale ne s'est pas démentie, mais pas suffisamment pour venir au secours de la courbe des prix, qui a démarré à 289 dollars l'once, pour terminer l'année à 289.50 dollars, après être descendue à 252,80 dollars l'once le 20 juillet. La remontée à 325,50 dollars, le 5 octobre, provoquée par l'annonce des banques centrales européennes de limiter leurs ventes à 400 tonnes pour la période 1999-2004, aura été de courte durée.

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Le retour de la croissance a favorisé la hausse des rendements à long terme

TAUX D'INTÉRÊT

Malgré l'absence de dérapage intempestif des prix, les marchés obligataires sont persuadés de l'inéluctable résurgence de l'inflation avec le retour de la croissance.
En 1999, les taux longs américains se sont tendus de 170 points de base.

Le spectre du krach obligataire de 1994 est venu hanter les esprits des opérateurs sur les marchés de taux d'intérêt en 1999. Il est vrai qu'en douze mois, les rendements des obligations d'Etat ont fortement progressé. Pointé à 4,67 % au début de l'année, le rendement de l'emprunt du Trésor américain à 10 ans se situe aujourd'hui à près de 6,50 %, consacrant ainsi une hausse d'environ 170 points de base. Les marchés de taux européens n'ont pas échappé à cette tendance, puisque le taux offert par l'OAT à 10 ans du gouvernement français est passé de 3,82 % à 5,47 %, après un plus bas à 3,72 % en janvier 1999. C'est dire l'ampleur de la progression des rendements longs qui a frappé l'ensemble des marchés occidentaux. En effet, seul le marché obligataire japonais aura été épargné par cette tornade puisque, en douze mois, le rendement des titres d'Etat à 10 ans est passé de 2,18 % à 1,63 %.

Mesuré à travers l'évolution des indices obligataires de Merrill Lynch, les investissements obligataires se sont révélés perdants. Surtout si l'on y ajoute les effets - bénéfiques ou non - des mouvements des taux de changes. Exemple : un investisseur américain qui a acquis des titres d'Etat de la zone euro sans couvrir son risque de change aura, au total, perdu 14,12 % de la valeur de ses titres à la fin du mois de novembre. Le résultat est encore pire pour un investisseur japonais, puisque ce dernier aura subi une perte de 22,2 %. A contrario, un investisseur européen qui a acquis des titres d'Etat américains sans couverture de change aura gagné 14,9 %, la performance s'élevant à 33,3 % pour l'achat de titres japonais.

Abstraction faite de ces évolutions des taux de change, la performance d'un portefeuille d'obligations d'Etat, quel que soit le marché considéré, s'étale entre un gain de 4 % (marché japonais) et une perte de 3,14 % (marché suisse), en passant par des pertes de 1,78 % (marché américain) et 1,96 % (marché de la zone euro).

Craintes non vérifiées

Deux raisons expliquent la tendance à la hausse des taux d'intérêt à long terme : la fin de la crise financière sur les pays émergents et le retour de la croissance mondiale. Début 1999, les investisseurs craignaient une déflation généralisée des actifs boursiers ainsi qu'un ralentissement économique, voire une récession prononcée, du fait de l'impact de la crise financière des pays émergents. Les investisseurs internationaux avaient largement privilégié les titres d'Etat, jugés liquides et sûrs. Heureusement, leurs craintes ne se sont pas vérifiées et, progressivement, ces investisseurs ont repris goût au risque, se délestant de leurs obligations au profit de titres plus rémunérateurs, tels que les obligations du secteur privé ou bien les actions. Les marchés obligataires ont réagi à la baisse et corrigé les excès du début de l'année. La tendance s'est prolongée au fur et à mesure que les intervenants se sont persuadés d'un retour de la croissance au niveau mondial et de son corollaire, l'inflation.

La hausse des matières premières, et notamment du pétrole, ont ravivé les craintes de dérapage des prix à la consommation. Certes, le taux d'inflation a eu tendance à progresser dans la plupart des pays occidentaux, principalement en raison de cette poussée des prix de l'or noir. Mais la mesure de l'inflation, hors alimentation et énergie, n'a pas montré de dérapage intempestif. Il n'empêche, les marchés obligataires restent persuadés de l'inéluctable résurgence de l'inflation.



RICHARD HIAULT

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L'euro a fait jeu égal avec le dollar

Emissions.

Si la monnaie unique a été couronnée de succès, c'est bien dans le domaine des émissions obligataires internationales. Le succès est tel qu'à ce jour la taille du marché obligataire de l'euro est deux fois plus importante que la taille issue de l'agrégation des onze marchés nationaux qui le composent aujourd'hui. Près de 450 milliards d'euros ont été émis depuis le début de l'année sur le marché international, à comparer à 216 milliards d'euros pour 1998. Comparativement, il a été émis 542 milliards de dollars en 1999, contre 381 milliards de dollars l'année précédente. Au total, les émissions en euros ont représenté près de 40 % de l'ensemble des émissions internationales, contre 48 % pour le dollar. Comme le relèvent les analystes de CCF Charterhouse, « le marché obligataire de l'euro a clairement atteint une stature mondiale ».
Toutefois, si l'on prend en compte l'ensemble des émissions, il a été émis 779,6 milliards d'euros en 1999, contre seulement l'équivalent de 586,7 milliards d'euros d'émissions libellées en dollars. Pour les seules émissions opérées par des entreprises privées, il a été émis 142,6 milliards d'euros, contre l'équivalent de 137 milliards d'euros pour les émissions en dollars. Le dynamisme du marché obligataire s'est accompagné de profondes mutations, en particulier le rôle des emprunteurs privés - les entreprises notamment - a été plus important. Parallèlement, la taille des émissions a eu tendance à s'accroître nettement. « Aujourd'hui, 50 % du montant des émissions ont une taille supérieure à 300 millions d'euros et 4 % atteignent plus de 1 milliard », soulignent les analystes de CCF Charterhouse. Quant à la nationalité des émetteurs, l'euro n'est pas réservé aux seuls acteurs des pays de l'Union monétaire. En effet, un tiers environ des émetteurs sont originaires de pays situés en dehors de la zone euro.

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Des surprises en série sur le marché des changes

Recul de l'euro et force du yen : l'année 1999 sur le marché des changes a mis à mal les anticipations consensuelles.

Improbable année 1999. Historique tout de même. Le marché des changes à l'échelle du monde a vu le nombre de devises fortement réduit. La création d'une monnaie de l'importance de l'euro est sans précédent, comme l'autodestruction de onze autres, dont le roi mark.

Et, au terme de cette première année d'existence, on ne peut, à l'instar de Christian Noyer, le vice-président de la Banque centrale européenne, que parler de succès. Non pas tant parce que l'euro a perdu près de 14 % de sa valeur, mais parce qu'il est entré dans les moeurs financières. Quant à sa faiblesse, la monnaie unique européenne la doit plus à l'écart entre les conjonctures économiques des deux côtés de l'Atlantique qu'à une méfiance structurelle. Il est vrai que si l'on revient aux monnaies européennes anciennes, la chute est plus évocatrice : il faut désormais 6,50 francs français pour acquérir 1 dollar, contre 5,55 francs il y a un an. Il faut remonter à l'automne 1989 pour trouver ce type de parité. Mais aujourd'hui chacun se plaît à répéter, surtout de ce côté de l'Atlantique, que ce n'est pas l'euro qui est faible, mais le dollar qui est fort.

Une maxime qui ne se vérifie pas pour le yen. Paradoxalement, 1999 aura été l'année de la devise japonaise. Même si le début de l'année s'est révélé conforme à ce qu'attendaient les économistes : la monnaie japonaise s'est dégradée face au dollar, allant, à son plus bas, frôler les 125 yens pour 1 dollar. L'économie japonaise, toujours déprimée, expliquait cette faiblesse, accentuée par la perspective de la fin de l'exercice fiscal, qui a lieu à la fin du mois de mars. La dégradation du yen a été rapide au cours des trois premiers mois de l'année, avant un long plateau jusqu'à la mi-juillet. Puis est venu le temps de l'envol. Il a fallu que le yen aille pratiquement jusqu'à 100 yens pour 1 dollar pour que la Banque du Japon agisse. C'était à la veille de Noël.

Si la hausse de la monnaie japonaise est un bon signe, cela montre que les marchés financiers ont séduit les investisseurs non résidents, elle peut aussi se transformer en boulet. Le Japon exporte une croissance qu'il n'arrive déjà pas à retrouver seul.

Enfin, pour ce qui est d'une monnaie devenue « périphérique », la livre sterling, l'année a été erratique. Début 1999, il fallait 1,66 dollar pour acheter une livre sterling, à la veille de l'an 2000, 1,61 suffisait. Une quasi-stabilité qui ne faciliterait pas une intégration des Britanniques dans la zone euro.



I. E.

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La concurrence force les places européennes à se remettre en cause

La création de l'euro et la révolution technologique ont changé la donne sur le Vieux Continent.

Les mutations technologiques amènent les marchés traditionnels à évoluer vers un modèle encore mal défini, intensifient toutes les formes de concurrence, les incitent à nouer des alliances à géométrie variable. La notion de marché devient plus floue. C'est encore une fois le progrès technique qui en définira le contour. » L'analyse présentée le mois dernier par François Champarnaud, chef du service des études et du développement des marchés à la Commission des opérations de Bourse (COB), lors des entretiens annuels de l'institution, résume assez bien l'évolution des places boursières européennes au cours de l'année 1999. L'adoption de l'euro par onze pays il y a tout juste un an a profondément bouleversé la donne, obligeant des entreprises de marché, qui vivaient jusque-là relativement protégées derrière des frontières nationales, à se remettre en question et à s'adapter à de nouvelles formes de concurrence. Car si l'euro a donné naissance à un vaste marché obligataire unifié, c'est encore loin d'être le cas sur le front des actions. D'où les velléités d'entrée de nouveaux acteurs, comme le marché américain des valeurs de croissance, le Nasdaq ou les réseaux électroniques de communication, les fameux ECN qui ambitionnent de chasser sur les terres des Bourses traditionnelles.

Même si les responsables européens se plaisent à répéter que les ECN ont proliféré aux Etats-Unis sur l'inefficience des marchés américains et que la situation est bien différente sur le Vieux Continent, il n'en demeure pas moins que leur arrivée constitue une menace sur une zone encore très fragmentée. Les entreprises de marché en sont d'ailleurs conscientes, qui cherchent à apporter une réponse commune de nature à satisfaire les besoins des intermédiaires soucieux de disposer de systèmes de négociation le plus intégrés possible afin de réduire leurs coûts.

Divergence franco-allemande

L'alliance de huit grandes places européennes, construite autour de l'axe Londres-Francfort, n'a pas d'autre but que de mettre en place un modèle de marché unique et une plate-forme commune de négociation, capable de répondre aux attentes des intervenants qui souhaitent pouvoir traiter à partir d'un même écran toutes les grandes valeurs européennes. Du fait de la persistance de forts particularismes nationaux, la mise en oeuvre de ce projet, programmée pour novembre, ne va pas de soi. C'est bien au nom de ces particularismes que Français et Allemands n'ont pas réussi à s'accorder sur un autre pan de l'industrie financière : la compensation, pourtant essentielle dans la construction d'un marché unifié des capitaux. Désormais, il est acquis que deux grands organismes de compensation devront cohabiter : Cedel, qui a fusionné avec son homologue allemand, et Euroclear, que Paris a finalement choisi de rejoindre.

La révolution technologique - dont le développement d'Internet et de son corollaire, le courtage en ligne, ne constituent que la partie émergée - nécessite une adaptation des structures mêmes des entreprises de marché. Les Bourses ont définitivement cessé d'être des lieux géographiques où les membres se devaient d'être présents physiquement. Aujourd'hui, un même intermédiaire peut être membre de plusieurs marchés, la qualité de membre n'entraîne plus une détention automatique du capital d'une Bourse, l'électronique permet d'être membre à distance et les places tendent à admettre des membres spécialisés à géométrie variable selon les produits négociés ou les fonctions remplies. Face à ces évolutions, la réponse des entreprises de marché s'ordonne autour de deux axes : privatisation et introduction en Bourse. Un peu partout, les projets de cotation des entreprises de marché fleurissent, à l'exemple des places australienne et suédoise. Paris comme Francfort n'ont pas caché leur intention de s'appliquer à elles-mêmes les règles capitalistiques des entreprises qu'elles cotent.



PHILIPPE GUILLAUME
ET RICHARD HIAULT

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