Retour au sommaire Bilan 1999
Les investisseurs prévoient une année plus heurtée
La fin des vaches maigres à Tokyo
Londres a lié son sort aux valeurs technologiques
UN SIÈCLE DE MARCHÉS FINANCIERS
Wall Street a connu un nouveau cru exceptionnel
A Francfort, la hausse s'est accélérée en fin d'année
Le millésime de tous les records à Paris
Remarquable redressement des produits de base
Sombre exercice pour le métal jaune
Le retour de la croissance a favorisé la hausse des rendements à long terme
L'euro a fait jeu égal avec le dollar
Des surprises en série sur le marché des changes
La concurrence force les places européennes à se remettre en cause
Les investisseurs prévoient une année plus heurtée
Une économie américaine florissante, la reprise
asiatique et le dynamisme européen ont fait
s'envoler
les indices boursiers.
On
ne peut prévoir
les choses qu'après qu'elles sont arrivées. »
Volontairement provocatrice
à l'image de son auteur,
cette citation du dramaturge Eugène Ionesco s'applique
parfaitement
à la perception qu'ont eue les opérateurs
de l'avant-dernière année boursière de cette fin
de
millénaire. Il y a un an, échaudés par les fortes
turbulences venues les deux années précédentes
des
marchés émergents, d'Asie en 1997 et de Russie
en 1998, ils abordaient 1999 avec une prudence
de
chat. Tout au long de l'été et jusqu'au milieu
du mois d'octobre, ils ont même vécu dans
la peur
d'une violente correction, redoutant que Wall Street,
très largement surévaluée de l'avis
de nombreux
analystes, ne finisse par trébucher à la faveur
de la commémoration du soixante-dixième
anniversaire
du krach de 1929.
L'insolente santé de l'économie
américaine, une reprise vigoureuse
en Asie où même
le Japon montre quelques velléités d'amélioration
et, surtout, le retour d'un
cycle d'expansion que
l'on dit exceptionnel en Europe ont pris à contre-pied
tous ces pronostics
pessimistes. Avec retard, les
marchés ont progressivement pris conscience que
les injections
de liquidités opérées par les banques
centrales à l'automne 1998 avaient permis d'éviter
le
pire et que la croissance mondiale pouvait désormais
s'organiser sur un rythme soutenu et synchronisé.
Pour
ajouter à ce paysage déjà presque idyllique, les
opérateurs ont été saisis par l'euphorie
de la
« nouvelle économie » qui a porté valeurs de haute
technologie et titres de la communication
à des
sommets inviolés jusqu'ici.
Feu d'artifice de
records
A la surprise quasi générale,
l'année
s'est ainsi terminée en apothéose sur un véritable
feu d'artifice de records, à tel
point que 1999
restera dans les annales boursières comme l'un
des plus beaux millésimes du siècle.
A quelques
rares exceptions près, les indices boursiers des
grandes places affichent tous des
taux de progression
spectaculaires que ne sont pas parvenues à entamer
les tensions observées
sur les taux longs dans
la crainte d'une accélération de la hausse des
prix inhérente à toute
reprise de la conjoncture
économique, comme le prédit le modèle classique.
C'est
donc avec
un état d'esprit à l'opposé de ce qu'il
était il y a un an que les professionnels des marchés
abordent
l'an 2000. Tous les risques n'ont pas disparu.
« La voie des réformes reste longue
et semée d'embûches
en Asie émergente et plus encore au Japon, l'économie
américaine navigue
plus que jamais entre danger
de surchauffe et possible correction boursière,
la zone euro cherche
encore les moyens d'inscrire
dans la durée la reprise à l'oeuvre »,
conviennent ainsi
Roland Calvo et Roland Lescure,
de CDC Asset Management. Et les premiers
jours de
l'année, avec leurs cascades de baisses,
sont plutôt pour conforter les rares qui se risquaient
à
prédire un retournement de tendance à court terme
sur les marchés d'actions. A cette réserve
prés,
même les plus prudents se sont convertis aux thèses
du nouveau paradigme qui veut que
l'économie mondiale
soit entrée dans une ère de croissance forte sans
résurgence réelle de l'inflation.
Et prévoient
un nouveau cru boursier de qualité pour clore en
beauté le deuxième millénaire.
La
France bien
placée
Ce n'est pas tant du côté du marché américain
que les gestionnaires devraient
trouver cette année
matière à performance. Aux niveaux actuels, la
marge de progression de Wall
Street apparaît forcément
limitée. Les gains sont plutôt à rechercher du
côté des places européennes
qui, de l'avis des
analystes, devraient continuer à être portées par
le développement d'une
croissance saine, accompagnée
d'une poursuite de l'adaptation de l'appareil productif
à l'euro.
Au passage, le potentiel limité d'appréciation
de la monnaie unique face au dynamisme de l'économie
américaine
constitue un facteur d'attrait supplémentaire pour
les grands investisseurs internationaux
que l'on
a déjà vus débarquer massivement sur les places
européennes tout au long de ces derniers
mois.
Dans
ce contexte, la France est particulièrement bien
placée dans les stratégies d'investissement.
A
l'exemple de Patrick Artus et de Roland Gagnon
de CDC Marchés ou de Marie Owens Thomsen de
Merrill
Lynch, de plus en plus d'économistes sont convaincus
que les conditions sont désormais
réunies pour
que la France suive les traces des Etats-Unis.
Pour
Jérôme Labin de la société
de Bourse Pinatton,
l'entrée de marché français dans la « nouvelle
économie » permet ainsi d'envisager
une hausse
supérieure à 50 % par rapport aux derniers cours
cotés avant « le passage de l'autre
côté du miroir
». Aprés son début d'année bien décevant, l'indice
CAC 40 pourrait atteindre
la zone des 7.000 à 7.500
points dans un horizon de neuf à douze mois.
PHILIPPE
GUILLAUME

La fin des vaches maigres à Tokyo
Les entreprises du « vieux Japon » qui se restructure
et
celles incarnant le « nouveau Japon », qui profitent
à plein des technologies de l'information,
ont
connu un excellent parcours.
DE NOTRE CORRESPONDANT
À TOKYO.
La Bourse de Tokyo affiche
une bonne
performance après des années de vaches maigres.
La dernière année du siècle aura été
marquée par
une hausse de 36,79 % à 18.934,34 points de l'indice
Nikkei 225, et une progression
de 58,44 % à 1.722,20
de l'indice officiel Topix, de composition plus
large. Durant la première
moitié de l'année, ce
sont surtout les restructurations dans les secteurs
traditionnels qui
ont guidé les choix de investisseurs
: celles de Sony, Mitsubishi Electric, NEC, etc.
ont été
à chaque fois saluées par la Bourse, qui
y a vu le signe d'un réel changement de mentalité
des
dirigeants de ces grands groupes. Les valeurs
cycliques ont donc fait mieux que le marché en
moyenne
jusqu'à la fin mai, avant que l'attention des investisseurs
ne se tourne vers les entreprises
incarnant la
« nouvelle économie » à la japonaise, les nouvelles
technologies et Internet. Dans
ce contexte, la
stratégie de Fujitsu, qui a décidé à la fois de
se restructurer profondément
et de miser sur les
services informatiques et Internet, fut littéralement
plébiscitée par le
marché. La hausse a aussi permis
de réconcilier les investisseurs particuliers avec
la Bourse.
L'ouverture de la distribution des fonds
d'investissement y a aussi contribué. Enfin, la
très
forte appréciation du yen par rapport au dollar
et à l'euro a permis aux investisseurs non résidents
de
bénéficier d'un rendement exceptionnel sur les
actions japonaises. En 2000, les performances
record
de 1999 seront difficiles à égaler. Mais c'est
encore au Japon et dans les pays émergents
que
la croissance des bénéfices par action devrait
être la plus forte.
N. BA.

Londres a lié son sort aux valeurs technologiques
Dopé par l'appétit pour la « nouvelle
économie
», l'indice Footsie des valeurs vedettes de la
Bourse de Londres a progressé de 17,81
% en fin
d'année et franchi les 6.900 points.
DE NOTRE
CORRESPONDANT
À LONDRES
Le London
Stock Exchange
(LSE) a terminé l'année en beauté, l'indice Footsie
des valeurs vedettes (FTSE
100) ayant franchi la
barre des 6.930,20 points, à la veille de Noël.
Un record absolu de clôture
qui représente une
hausse de 17,81 % sur l'ensemble de l'année. Confortée
par la reprise plus
rapide que prévu de la croissance
britannique (+ 1,9 % en 1999), la Bourse de Londres
a largement
bénéficié de l'envolée des valeurs
technologiques et des télécoms, le secteur du high-tech
représentant,
à lui seul, 20 % de la hausse de
l'année, contre 10 % pour le secteur des médias.
Un
motif
de réconfort pour le London Stock Exchange,
qui a lancé son propre segment de marché des valeurs
technologiques,
baptisé Techmark, le 4 novembre dernier, face au
projet de création du Nasdaq
Europe soutenu par
Softbank, Murdoch et Vivendi. « L'appétit phénoménal
pour les valeurs
de la "nouvelle économie" (éditeurs
de logiciels, industriels de l'informatique, opérateurs
de
télécoms et entreprises Internet) a été un des
traits marquants de 1999 », estime
Richard
Crehan de Morgan Stanley Dean Witter, tout en soulignant
que les télécoms et les valeurs
pétrolières ont
représenté plus de 50 % de la hausse de la capitalisation
boursière de l'indice
FTSE All Share, tous secteurs
confondus. Selon une récente étude publiée par
Primark Datastream,
l'éditeur de logiciels comptables
britannique Sage Group, qui a rejoint, en septembre
1999,
l'indice FTSE100, a enregistré la plus forte
performance de la dernière décennie, avec une hausse
de
280 % de sa valeur boursière depuis 1990.
Valeurs
Internet à l'anglaise
En revanche,
les groupes
de grande distribution, tels que Marks & Spencer,
Sainsbury ou Boots sont les grands
perdants de
1999.
L'année écoulée restera aussi celle de
l'émergence des « valeurs Internet
à l'anglaise
» avec la vague d'introductions réussies de jeunes
entreprises telles que Freeserve,
QXL.Com, eXchange
Holdings ou 365 Corporation..., qui bénéficient
d'un réel engouement des investisseurs.
P.
DE
G.

UN SIÈCLE DE MARCHÉS FINANCIERS
Suprématie.
A l'évidence, le siècle qui s'achève
aura consacré
la suprématie des marchés financiers.
Ceux-ci ont pris au cours des dix dernières années
une
importance grandissante dans la vie économique.
Avec la chute du mur de Berlin et la faillite
des
systèmes communistes, la loi de l'économie de marché
s'est imposée à la quasi-totalité de
la planète.
Le modèle américain est devenu la référence, entraînant
un mouvement général de
privatisations qui a rendu
au secteur privé la foultitude d'entreprises nationalisées
par les
économies dirigistes des années 20 jusqu'aux
années 80. Désormais, les entreprises se financent
plus
par l'émission d'actions et d'obligations que par
le recours à l'emprunt bancaire classique.
Partout,
les capitalisations boursières ont explosé. Et
les indices se sont envolés. Les investisseurs
en
oublieraient presque que depuis quatre siècles
les marchés sont périodiquement secoués par
des
crises, à l'exemple du krach d'octobre 1929, qui
a pourtant marqué des générations entières
de boursiers.

Wall Street a connu un nouveau cru exceptionnel
Pour la cinquième année consécutive, le
Dow Jones,
l'indicateur vedette du New York Stock Exchange,
termine l'année sur une croissance
à deux chiffres.
DE
NOTRE CORRESPONDANT
À NEW YORK
J'ai passé
trop de temps cette année
à m'inquiéter de ce qui
pourrait mal tourner, alors qu'en fait tout s'est
très bien passé... Je
me sens aujourd'hui plus optimiste
et haussier pour l'avenir, au-delà du problème
de l'an 2000.
» Les commentaires émis fin
novembre par Edward Yardeni, le chef économiste
de Deutsche
Banc Alex Brown, ne sont pas passés
inaperçus à Wall Street. Même s'il a tenu, par
la suite,
à modérer sa récente conversion en évoquant
la persistance d'une bulle spéculative autour des
valeurs
de haute technologie, l'homme a longtemps été le
chef de file des pessimistes sur la
place de New
York, un Cassandre qui annonçait depuis bientôt
deux ans un krach boursier du fait
de problèmes
informatiques liés au changement de millénaire,
ainsi que l'arrivée prochaine d'une
récession aux
Etats-Unis.
Il est toujours aussi difficile
de se positionner à contre-courant
des marchés
américains qui, en 1999, ont connu leur cinquième
année consécutive de croissance
à deux chiffres.
Le
taureau fait la loi
Symbole de la hausse, le
taureau fait plus que
jamais la loi à Wall Street.
Après avoir longtemps tâtonné pour s'installer
au-dessus des 10.000
points et connu quelques soubresauts
cet été et à l'automne, au moment où la Réserve
fédérale
décidait d'une série de hausses des taux
d'intérêt pour éviter tout réveil de l'inflation,
l'indice
Dow Jones des trente premières valeurs
du New York Stock Exchange (Nyse) a terminé l'année
dernière
à 11497,12 points, en progression de 25,22
%. Sans même donner l'impression d'avoir été un
temps
saisi par le doute, l'indicateur composite
du Nasdaq a fait exploser de son côté tous les
plafonds.
Offrant des introductions boursières
vertigineuses pour nombre de firmes opérant dans
le secteur
de l'Internet, le marché des valeurs
de croissance a terminé à 4069,31 points, soit
un bond
de 85,59 %, après avoir battu plus d'une
cinquantaine de fois ses plus hauts dans l'année
!
Le tout dans des volumes record.
Si certains
professionnels s'attendent à une correction
au
début de l'année, voire à l'éclatement de la bulle
financière qui entoure nombre de valeurs
technologiques,
en grande partie à l'origine de cette exubérance
boursière, l'optimisme demeure
pour l'exercice
en cours. Il est nourri d'abord par la perspective
d'une nouvelle hausse importante
des bénéfices
des entreprises américaines que Kevin Parke, le
spécialiste des actions chez le
gestionnaire de
fonds MFS Investment Management, estime en moyenne
à 17 %, soit au même niveau
que 1999, la meilleure
année dans ce domaine depuis 1988. L'environnement
économique général,
avec une inflation minime,
des taux d'intérêt bas et l'amélioration continue
de la situation
mondiale devraient représenter
un autre facteur de croissance. Pour les boursiers,
trop longtemps
obnubilés par les sociétés de haute
technologie et les grandes capitalisations, l'intérêt
devrait
se tourner vers les valeurs opérant dans
l'énergie et les matières premières, de même que
vers
les petites et moyennes entreprises.
GILLES
SENGÈS

A Francfort, la hausse s'est accélérée en fin d'année
Après les montagnes russes
de 1998, 1999 a connu
une hausse plus régulière, qui s'est accélérée
au fil des mois, pour atteindre
39,10 % sur l'ensemble
de l'année.
DE NOTRE CORRESPONDANT
À FRANCFORT.
Les
habitués
de la Bourse de Francfort se souviendront
de la journée du 23 décembre 1999. Deux jours après
avoir
présenté un très ambitieux projet de réforme fiscale,
le gouvernement Schroeder a précisé
qu'il n'allait
plus imposer les plus-values sur les ventes de
participations dans les entreprises.
Aussitôt,
les
opérateurs se sont rués sur les titres des groupes
d'assurances et des banques, susceptibles
d'être
les principaux bénéficiaires de la mesure. Le réassureur
Munich Ré a enregistré une hausse
de 17 %, la Deutsche
Bank de 12,97 %, l'assureur Allianz de 12,62 %,
la Dresdner Bank de 10,81
%. Un feu d'artifice
qui venait conclure une année positive, où le marché
allemand a battu de
nouveaux records.
Après
une année 1998 marquée par des montagnes russes,
1999 a été plus
régulière, la hausse s'accélérant
au fil des mois. Sur l'année, la hausse a atteint
39,10 %
avec un indice Xetra Dax à 6.958,14 points,
un record dépassant les prévisions les plus optimistes.
«
Une forte hausse d'autant plus surprenante que
les taux longs ont augmenté de 100 points de
base
», souligne la WestLB, dans son analyse
de décembre.
Vague d'introductions en
Bourse
Selon
les spécialistes, le marché allemand a bénéficié,
comme ses concurrents européens,
de l'amélioration
de la situation de l'économie mondiale - même si
la croissance de l'Allemagne
est restée à la traîne
de l'Europe -, de l'appréciation du dollar et du
yen, ainsi que de la
vague de fusions en cours
sur le Vieux Continent. Comme ailleurs, les valeurs
de haute technologie
ont flambé, notamment avec
l'OPA hostile du groupe américano-britannique Vodafone
sur l'allemand
Mannesmann, une première dans le
capitalisme rhénan. Celui-ci évolue d'ailleurs
rapidement.
Le pays a enregistré en 1999 une explosion
des introductions en Bourse, notamment sur le Neuer
Markt,
le nouveau marché allemand, qui a largement distancé
ses homologues européens. Au total,
168 entreprises
ont fait leur entrée sur le marché boursier (dont
131 sur le nouveau marché),
pulvérisant le record
de 1998 (70 introductions). Pour 2000, les spécialistes
anticipent entre
150 et 200 introductions. Plus
globalement, ils prévoient la poursuite de la hausse
du marché
francfortois, mais avec des à-coups.
VINCENT
DE FÉLIGONDE

Le millésime de tous les records à Paris
La Bourse de Paris a connu en 1999 une année exceptionnelle
avec
un gain de 51,12 %, des volumes de transactions
record et une pléthore d'opérations de
restructuration
dans tous les secteurs.
L'année
1999 restera dans l'histoire
comme celle de la
démesure pour la Bourse de Paris. En effet, après
avoir progressé de 29,5
% et 31,5 %, respectivement
en 1997 et 1998, l'indice CAC 40 a bondi de 51,12
% en 1999, ratant
de peu le seuil des 6.000 points.
Un exercice tout à fait exceptionnel, car le gain
de 57,4
% réalisé par l'indice en 1988 le fut aux
lendemains de l'année noire de 1987. Une grande
part
de la hausse de l'indice phare du marché français
en 1999 a été toutefois réalisée à partir
de la
mi-octobre, et a surtout profité à un nombre restreint
de valeurs issues des secteurs
appartenant dans
une large proportion à ce qu'il est désormais convenu
d'appeler la « nouvelle
économie ».
Les secteurs
de la haute technologie et de la communication
ont ainsi été les
grands vainqueurs de l'année.
Des valeurs comme NRJ, TF1, Havas Advertising,
STMicroelectronics
ou Altran Technologie ont toutes
vu leurs cours au moins multiplié par deux fois
et demie par
rapport au début de l'année. La «
nouvelle économie » ne fait pas d'ostracisme, et
l'on a ainsi
pu assister à des envolées faramineuses
sur de nombreuses petites valeurs du nouveau marché,
pour
lequel 1999 fut incontestablement l'année du décollage.
Volumes
de transactions inédits
L'autre
aspect majeur
du changement de dimension de la cote française
a résidé dans la poursuite de
l'accroissement tendanciel
de l'activité. Les volumes de transactions quotidiens
à la Bourse
de Paris n'étaient en moyenne que de
0,86 milliard d'euros en 1996. Ils ont ensuite
grimpé à
1,44 milliard d'euros en 1997, puis à
2,07 milliards d'euros en 1998. L'an dernier, le
montant
moyen des transactions par séance s'est
hissé à 2,83 milliards d'euros. Dans le même temps,
la
capitalisation boursière des valeurs composant
l'indice CAC 40 a dépassé pour la première
fois
les 1.000 milliards d'euros juste avant Noël.
L'envolée
des volumes de transactions,
corollaire notamment
de l'accroissement des liquidités disponibles partout
en Europe et de la
banalisation des programmes
de rachats d'actions, a été de surcroît favorisée
par la multiplication
des opérations de restructuration
qui ont attiré de nouveaux investisseurs. La Commission
des
opérations de Bourse (COB) a ainsi oeuvré comme
jamais pour faire la lumière sur la multiplication
de
nombreux mouvements de cours anormaux avant l'annonce
d'opérations financières. Le sentiment
prédominant
dans le marché que tout était désormais possible
a pu faciliter la propagation des
rumeurs les plus
folles, dont certaines étaient d'ailleurs fondées.
En
effet, on a assisté
l'année passée à rien de moins
qu'au rapprochement entre Carrefour et Promodès,
Total Fina et
Elf Aquitaine, ainsi que de la BNP
avec Paribas, dans ce qui aurait pu être un grand
ensemble
bancaire aux côtés de la Société Générale.
Ce mouvement de concentration, qui a aussi touché
les
petites et moyennes sociétés, devrait se poursuivre
l'année prochaine pour le plus grand
bonheur des
opérateurs.
NESSIM AÏT-KACIMI

Remarquable redressement des produits de base
L'année, qui avait mal démarré sur le front
des
matières premières, s'est révélée très positive
pour les métaux non ferreux, dont les cours
se
sont envolés dans le sillage de ceux du pétrole.
Entraînés
par l'envolée des cours du
pétrole, ceux des métaux
non ferreux ont connu un redressement remarquable
au cours de l'année
avec une mention particulière
pour le nickel dont les prix se sont appréciés
de 89 % en douze
mois. Les cours du pétrole, qui
ont plus que doublé pour retrouver en novembre
leur niveau de
janvier 1991, au moment de la guerre
du Golfe, ont donc créé un climat favorable à cette
hausse
généralisée des matières premières industrielles,
à l'exception des fibres.
Pourtant, l'année
avait
démarré sous de sombres auspices avec des cours
déprimés et des stocks pléthoriques. Les
producteurs
avaient en effet mis en route entre fin 1996 et
1998 de nouvelles capacités de production
pour
répondre à la demande en expansion des pays asiatiques.
Mais
ces décisions avaient été
prises avant que la crise
financière n'éclate dans les pays d'Asie du Sud-Est,
puis s'étende
à l'ensemble de la région ainsi qu'en
Russie. Ce qui avait poussé les cours du pétrole
à leur
plus bas depuis douze ans et ceux du cuivre
au plus bas depuis 1986. Au printemps dernier,
les
membres de l'Organisation des pays producteurs
de pétrole décidèrent de prendre le sort de leurs
économies
en main en s'imposant des quotas de production.
Une stratégie qui se révéla efficace.
Le baril
de brut, après être tombé à 10,35 dollars en mars,
a entamé un redressement significatif
qui l'a poussé
jusqu'à 27 dollars à Londres en novembre. De plus,
il apparaît que la récession
économique en Asie
fait désormais partie du passé et que la hausse
de la demande en énergie
comme en métaux est au
rendez-vous. Le dynamisme de cette région s'est
donc ajouté à la vigueur
de l'économie américaine,
bientôt relayée par celle de l'Europe. C'est ce
qui explique que les
cours du cuivre se sont appréciés
de 40 % entre leur plus bas depuis douze ans au
mois de mai
dernier, à 60,8 cents la livre, et
leur plus haut à la mi-décembre, à 85,85 cents
la livre.
De même, les cours de l'aluminium, qui
étaient tombés à un plus bas le 4 mars à 1.136,50
dollars
la tonne, terminent l'année à leur plus
haut à 1.634 dollars la tonne, soit une hausse
de 43
%.
Le nickel a vu ses cours progresser
de 89 % pour tester en fin d'année le seuil de
8.400
dollars la tonne, et les analystes considèrent
que sa marge d'appréciation n'est pas épuisée.
Ils
avaient pourtant tous prédit que 1999 serait une
année difficile pour ce métal, compte tenu
des
développements de la production à partir de latérite,
en Australie. Les espoirs n'ont pas
été au rendez-vous
alors que la demande d'acier Inox, premier utilisateur
du nickel, explosait.
Seul le plomb fait pâle figure
avec une courbe des prix en chute continue. Le
secteur ploie
sous les excédents, le dynamisme
du marché de l'automobile n'ayant pas suffi à insuffler
une
tendance positive à ce métal qui a vu son prix
passer sous les 500 dollars au dernier trimestre.
PATRICIA-M.
COLMANT

Sombre exercice pour le métal jaune
Impact psychologique.
C'est sans doute l'effet
psychologique
des ventes d'or des banques centrales
qui a été le plus néfaste au marché de l'or, l'an
dernier.
Car en volume, celles-ci ont totalisé
250 tonnes net, selon les estimations de la Société
Générale,
une quantité tout à fait absorbable par
le marché, qui avait assimilé 622 tonnes en 1992
et
398 tonnes en 1998. Mais le marché a été profondément
choqué que la Banque d'Angleterre décide
de se
délester des deux tiers de ses réserves, les opérateurs
ayant la conviction, désormais
fortement enracinée,
que l'or ne présentait plus aucun attrait pour
certaines autorités monétaires.
C'est
ce qui
explique une chute des cours à un plus bas depuis
vingt ans, au début du mois de mai,
dans le sillage
de l'annonce des ventes britanniques. D'autant
que cette décision surprise est
venue s'ajouter
à celle du Fonds monétaire international de mettre
quelque 10 millions d'onces
sur le marché pour
aider les pays endettés, et à celle de la Suisse,
qui projette de vendre
1.300 tonnes sur de nombreuses
années. Parallèlement, la demande mondiale ne s'est
pas démentie,
mais pas suffisamment pour venir
au secours de la courbe des prix, qui a démarré
à 289 dollars
l'once, pour terminer l'année à 289.50
dollars, après être descendue à 252,80 dollars
l'once
le 20 juillet. La remontée à 325,50 dollars,
le 5 octobre, provoquée par l'annonce des banques
centrales
européennes de limiter leurs ventes à 400 tonnes
pour la période 1999-2004, aura été
de courte durée.

Le retour de la croissance a favorisé la hausse des rendements à long terme
TAUX D'INTÉRÊT
Malgré l'absence de dérapage
intempestif des prix, les marchés obligataires
sont
persuadés de l'inéluctable résurgence de l'inflation
avec le retour de la croissance.
En
1999, les
taux longs américains se sont tendus de 170 points
de base.
Le spectre du krach obligataire de
1994
est venu hanter les esprits des opérateurs
sur les marchés de taux d'intérêt en 1999. Il est
vrai
qu'en douze mois, les rendements des obligations
d'Etat ont fortement progressé. Pointé
à 4,67 %
au début de l'année, le rendement de l'emprunt
du Trésor américain à 10 ans se situe
aujourd'hui
à près de 6,50 %, consacrant ainsi une hausse d'environ
170 points de base. Les
marchés de taux européens
n'ont pas échappé à cette tendance, puisque le
taux offert par l'OAT
à 10 ans du gouvernement
français est passé de 3,82 % à 5,47 %, après un
plus bas à 3,72 % en
janvier 1999. C'est dire l'ampleur
de la progression des rendements longs qui a frappé
l'ensemble
des marchés occidentaux. En effet, seul
le marché obligataire japonais aura été épargné
par
cette tornade puisque, en douze mois, le rendement
des titres d'Etat à 10 ans est passé de 2,18
%
à 1,63 %.
Mesuré à travers l'évolution des indices
obligataires de Merrill Lynch, les investissements
obligataires
se sont révélés perdants. Surtout si l'on y ajoute
les effets - bénéfiques ou non
- des mouvements
des taux de changes. Exemple : un investisseur
américain qui a acquis des titres
d'Etat de la
zone euro sans couvrir son risque de change aura,
au total, perdu 14,12 % de la
valeur de ses titres
à la fin du mois de novembre. Le résultat est encore
pire pour un investisseur
japonais, puisque ce
dernier aura subi une perte de 22,2 %. A contrario,
un investisseur européen
qui a acquis des titres
d'Etat américains sans couverture de change aura
gagné 14,9 %, la performance
s'élevant à 33,3 %
pour l'achat de titres japonais.
Abstraction
faite de ces évolutions des
taux de change, la
performance d'un portefeuille d'obligations d'Etat,
quel que soit le marché
considéré, s'étale entre
un gain de 4 % (marché japonais) et une perte de
3,14 % (marché suisse),
en passant par des pertes
de 1,78 % (marché américain) et 1,96 % (marché
de la zone euro).
Craintes
non vérifiées
Deux
raisons expliquent la tendance à la hausse des
taux d'intérêt à long terme
: la fin de la crise
financière sur les pays émergents et le retour
de la croissance mondiale.
Début 1999, les investisseurs
craignaient une déflation généralisée des actifs
boursiers ainsi
qu'un ralentissement économique,
voire une récession prononcée, du fait de l'impact
de la crise
financière des pays émergents. Les
investisseurs internationaux avaient largement
privilégié
les titres d'Etat, jugés liquides et
sûrs. Heureusement, leurs craintes ne se sont pas
vérifiées
et, progressivement, ces investisseurs
ont repris goût au risque, se délestant de leurs
obligations
au profit de titres plus rémunérateurs,
tels que les obligations du secteur privé ou bien
les
actions. Les marchés obligataires ont réagi
à la baisse et corrigé les excès du début de l'année.
La
tendance s'est prolongée au fur et à mesure que
les intervenants se sont persuadés d'un retour
de
la croissance au niveau mondial et de son corollaire,
l'inflation.
La hausse des matières
premières,
et notamment du pétrole, ont ravivé les craintes
de dérapage des prix à la consommation.
Certes,
le taux d'inflation a eu tendance à progresser
dans la plupart des pays occidentaux,
principalement
en raison de cette poussée des prix de l'or noir.
Mais la mesure de l'inflation,
hors alimentation
et énergie, n'a pas montré de dérapage intempestif.
Il n'empêche, les marchés obligataires
restent
persuadés de l'inéluctable résurgence de l'inflation.
RICHARD
HIAULT

L'euro a fait jeu égal avec le dollar
Emissions.
Si la monnaie unique a été couronnée
de
succès, c'est bien dans le domaine des émissions
obligataires internationales. Le succès est
tel
qu'à ce jour la taille du marché obligataire de
l'euro est deux fois plus importante que
la taille
issue de l'agrégation des onze marchés nationaux
qui le composent aujourd'hui. Près
de 450 milliards
d'euros ont été émis depuis le début de l'année
sur le marché international,
à comparer à 216 milliards
d'euros pour 1998. Comparativement, il a été émis
542 milliards de
dollars en 1999, contre 381 milliards
de dollars l'année précédente. Au total, les émissions
en
euros ont représenté près de 40 % de l'ensemble
des émissions internationales, contre 48
% pour
le dollar. Comme le relèvent les analystes de CCF
Charterhouse, « le marché obligataire
de l'euro
a clairement atteint une stature mondiale ».
Toutefois,
si l'on prend en
compte l'ensemble des émissions,
il a été émis 779,6 milliards d'euros en 1999,
contre seulement
l'équivalent de 586,7 milliards
d'euros d'émissions libellées en dollars. Pour
les seules émissions
opérées par des entreprises
privées, il a été émis 142,6 milliards d'euros,
contre l'équivalent
de 137 milliards d'euros pour
les émissions en dollars. Le dynamisme du marché
obligataire s'est
accompagné de profondes mutations,
en particulier le rôle des emprunteurs privés -
les entreprises
notamment - a été plus important.
Parallèlement, la taille des émissions a eu tendance
à s'accroître
nettement. « Aujourd'hui, 50 %
du montant des émissions ont une taille supérieure
à 300 millions
d'euros et 4 % atteignent plus de
1 milliard », soulignent les analystes
de CCF Charterhouse.
Quant à la nationalité des
émetteurs, l'euro n'est pas réservé aux seuls acteurs
des pays de
l'Union monétaire. En effet, un tiers
environ des émetteurs sont originaires de pays
situés
en dehors de la zone euro.

Des surprises en série sur le marché des changes
Recul de l'euro et force du yen : l'année
1999
sur le marché des changes a mis à mal les anticipations
consensuelles.
Improbable année
1999. Historique
tout de même. Le marché des changes à l'échelle
du monde a vu le nombre de
devises fortement réduit.
La création d'une monnaie de l'importance de l'euro
est sans précédent,
comme l'autodestruction de
onze autres, dont le roi mark.
Et, au terme
de cette première
année d'existence, on ne peut,
à l'instar de Christian Noyer, le vice-président
de la Banque
centrale européenne, que parler de
succès. Non pas tant parce que l'euro a perdu près
de 14
% de sa valeur, mais parce qu'il est entré
dans les moeurs financières. Quant à sa faiblesse,
la
monnaie unique européenne la doit plus à l'écart
entre les conjonctures économiques des deux
côtés
de l'Atlantique qu'à une méfiance structurelle.
Il est vrai que si l'on revient aux monnaies
européennes
anciennes, la chute est plus évocatrice : il faut
désormais 6,50 francs français
pour acquérir 1
dollar, contre 5,55 francs il y a un an. Il faut
remonter à l'automne 1989 pour
trouver ce type
de parité. Mais aujourd'hui chacun se plaît à répéter,
surtout de ce côté de
l'Atlantique, que ce n'est
pas l'euro qui est faible, mais le dollar qui est
fort.
Une maxime
qui ne se vérifie pas pour
le yen. Paradoxalement, 1999 aura été l'année de
la devise japonaise.
Même si le début de l'année
s'est révélé conforme à ce qu'attendaient les économistes
: la monnaie
japonaise s'est dégradée face au dollar,
allant, à son plus bas, frôler les 125 yens pour
1
dollar. L'économie japonaise, toujours déprimée,
expliquait cette faiblesse, accentuée par la
perspective
de la fin de l'exercice fiscal, qui a lieu à la
fin du mois de mars. La dégradation
du yen a été
rapide au cours des trois premiers mois de l'année,
avant un long plateau jusqu'à
la mi-juillet. Puis
est venu le temps de l'envol. Il a fallu que le
yen aille pratiquement jusqu'à
100 yens pour 1
dollar pour que la Banque du Japon agisse. C'était
à la veille de Noël.
Si
la hausse de la monnaie
japonaise est un bon signe, cela montre que les
marchés financiers ont
séduit les investisseurs
non résidents, elle peut aussi se transformer en
boulet. Le Japon exporte
une croissance qu'il n'arrive
déjà pas à retrouver seul.
Enfin, pour ce qui
est d'une monnaie
devenue « périphérique », la
livre sterling, l'année a été erratique. Début
1999, il fallait
1,66 dollar pour acheter une livre
sterling, à la veille de l'an 2000, 1,61 suffisait.
Une quasi-stabilité
qui ne faciliterait pas une
intégration des Britanniques dans la zone euro.
I.
E.

La concurrence force les places européennes à se remettre en cause
La création de l'euro
et la révolution technologique
ont changé la donne sur le Vieux Continent.
Les
mutations
technologiques amènent les marchés traditionnels
à évoluer vers un modèle encore mal défini,
intensifient
toutes les formes de concurrence, les incitent
à nouer des alliances à géométrie
variable. La
notion de marché devient plus floue. C'est encore
une fois le progrès technique
qui en définira le
contour. » L'analyse présentée le mois
dernier par François Champarnaud,
chef du service
des études et du développement des marchés à la
Commission des opérations de
Bourse (COB), lors
des entretiens annuels de l'institution, résume
assez bien l'évolution des
places boursières européennes
au cours de l'année 1999. L'adoption de l'euro
par onze pays il
y a tout juste un an a profondément
bouleversé la donne, obligeant des entreprises
de marché,
qui vivaient jusque-là relativement
protégées derrière des frontières nationales, à
se remettre
en question et à s'adapter à de nouvelles
formes de concurrence. Car si l'euro a donné naissance
à
un vaste marché obligataire unifié, c'est encore
loin d'être le cas sur le front des actions.
D'où
les velléités d'entrée de nouveaux acteurs, comme
le marché américain des valeurs de croissance,
le
Nasdaq ou les réseaux électroniques de communication,
les fameux ECN qui ambitionnent de
chasser sur
les terres des Bourses traditionnelles.
Même
si les responsables européens se
plaisent à répéter
que les ECN ont proliféré aux Etats-Unis sur l'inefficience
des marchés américains
et que la situation est
bien différente sur le Vieux Continent, il n'en
demeure pas moins que
leur arrivée constitue une
menace sur une zone encore très fragmentée. Les
entreprises de marché
en sont d'ailleurs conscientes,
qui cherchent à apporter une réponse commune de
nature à satisfaire
les besoins des intermédiaires
soucieux de disposer de systèmes de négociation
le plus intégrés
possible afin de réduire leurs
coûts.
Divergence franco-allemande
L'alliance
de huit grandes
places européennes, construite
autour de l'axe Londres-Francfort, n'a pas d'autre
but que de
mettre en place un modèle de marché
unique et une plate-forme commune de négociation,
capable
de répondre aux attentes des intervenants
qui souhaitent pouvoir traiter à partir d'un même
écran
toutes les grandes valeurs européennes. Du fait
de la persistance de forts particularismes
nationaux,
la mise en oeuvre de ce projet, programmée pour
novembre, ne va pas de soi. C'est
bien au nom de
ces particularismes que Français et Allemands n'ont
pas réussi à s'accorder sur
un autre pan de l'industrie
financière : la compensation, pourtant essentielle
dans la construction
d'un marché unifié des capitaux.
Désormais, il est acquis que deux grands organismes
de compensation
devront cohabiter : Cedel, qui
a fusionné avec son homologue allemand, et Euroclear,
que Paris
a finalement choisi de rejoindre.
La
révolution technologique - dont le développement
d'Internet
et de son corollaire, le courtage en
ligne, ne constituent que la partie émergée - nécessite
une
adaptation des structures mêmes des entreprises
de marché. Les Bourses ont définitivement
cessé
d'être des lieux géographiques où les membres se
devaient d'être présents physiquement.
Aujourd'hui,
un même intermédiaire peut être membre de plusieurs
marchés, la qualité de membre
n'entraîne plus une
détention automatique du capital d'une Bourse,
l'électronique permet d'être
membre à distance
et les places tendent à admettre des membres spécialisés
à géométrie variable
selon les produits négociés
ou les fonctions remplies. Face à ces évolutions,
la réponse des
entreprises de marché s'ordonne
autour de deux axes : privatisation et introduction
en Bourse.
Un peu partout, les projets de cotation
des entreprises de marché fleurissent, à l'exemple
des
places australienne et suédoise. Paris comme
Francfort n'ont pas caché leur intention de s'appliquer
à
elles-mêmes les règles capitalistiques des entreprises
qu'elles cotent.
PHILIPPE GUILLAUME
ET
RICHARD
HIAULT

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